A l’heure où j’approche gaiement du dernier niveau de mon dernier défouloir à neurones, j’ai ce réflexe de vieux joueur de consulter le kikimètre habituel de tout frappeur de monstres-joueurs-trucs qui bougent en tout genre … Le /played !

Le /played, pour ceux qui ne connaissent pas, est l’indicateur du temps que l’on a passé (perdu diraient certains) en jeu.

Et là, c’est le drame.

10 jours ma bonne dame. 240 malheureuses heures pour arriver à deux niveaux du sésame du dernier niveau. Le doute m’habite, et l’incertitude m’accable … Non, ça ne peut pas être un bug, ça fait moins de 2 mois que je joue à ce truc, et déjà, je suis aux portes du début de la fin du jeu.

Je me rappelle encore, un brin nostalgique, la même commande tapée des années plus tôt, aux commandes d’un machin trollesque vaguement soigneur, mais pas trop. Le compteur maudit m’affichait alors une somme 5 fois supérieure. Et de tels accomplissements étaient fêtés par toute la guilde, et l’on était fier de compter parmi nos rangs un de ces fameux « niveau 50″ dont on ignorait les pouvoir sans limites.

Et c’est bien là que je veux en venir. Peut-on s’attacher à un personnage, s’investir, si en deux malheureux mois, on arrive au niveau maximum ? Peut-on ressentir le moindre accomplissement alors que tout s’est fait si vite, sans y penser, comme ça …

A l’heure du MMO fast food, les personnages sont aussi rapidement ingurgités que chiés, les jeux aussi rapidement portés aux nues que conspués, et jamais, au grand jamais, on ne laisse le temps au temps.

Mes récentes incursions forumesques m’ont appris que la foule des boulets bêlants la bonne parole de la jouissance immédiate et sans efforts … Pensaient que c’était encore trop lent.

Pauvre de nous.

PS : Sachez que je m’excuse du jeu de mots aussi pauvre que niais operé dans mon titre, mais sachez également qu’il était voulu, et presque assumé !